1. Pouvez-vous nous expliquer les activités de la FAPBM et son modèle ?
La Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) a été créée en 2005 par le Gouvernement Malagasy et les deux organisations internationales non gouvernementales vouées à la protection de l’environnement, Conservation International (CI) et World Wide Fund for Nature (WWF), afin de collecter et allouer des fonds pour le financement des structures en charge de la gestion des aires protégées (APs) officiellement désignées ainsi par le Gouvernement Malagasy. A ce jour, on dénombre 123 APs, terrestres et marines, à Madagascar.
La majorité des fonds confiés à la FAPBM sont regroupés dans un fonds de dotation dont l’objectif est de générer de façon pérenne un montant annuel alloué à un certain nombre d’APs. La FAPBM co-finance les besoins de 64 APs sur les 123 existants. La valeur du capital du fonds de dotation s’élève aujourd’hui à 140 millions USD et est la plus importante en montant en Afrique.
2. Quels liens identifiez-vous entre les modèles et activités de la FAPBM et de Miarakap ?
Les APs sont constituées de « noyaux durs » inviolables par les hommes puis de « zones tampons » faites à la fois de zones d’occupation par les hommes qui sont régies par des règlementations strictes et de « zones d’utilisation durable » dont les communautés y habitant assurent la gestion de la protection du capital naturel.
Enfin, les zones périphériques bénéficient des services écosystémiques générés par les APs. Cependant, il ne faut pas se limiter aux zones périphériques.
Le secteur agricole et halieutique contribue directement à près de 30% au PIB de Madagascar et même à près de 45% quand on y inclut les industries agroalimentaires. La chaîne de valeurs de ce secteur repose fondamentalement sur la qualité des services écosystémiques et sur la capacité des hommes à en assurer la durabilité. Et c’est sur ce dernier point qu’il y a un lien entre la FAPBM et Miarakap dont l’objet est l’accompagnement financier et technique des entrepreneurs priorisant la génération d’impacts environnementaux et sociaux mesurables et publiquement divulgués au même titre que la durabilité financière.
Pour quelles raisons la FAPBM a-t-elle choisi de participer à la levée de fonds ?
Le fonds de dotation de la FAPBM investit dans des fonds à impacts de « private equity » et « private debt » labellisés en USD et investissant sur les cinq continents. Après de longues réflexions et des analyses sur de potentiels investissements similaires sur le territoire malagasy, la FAPBM a pris en compte les requêtes provenant de différents acteurs locaux. Au final, celle de Miarakap, identifié comme « investisseur d’impact », de par son expérience et l’implication d’investisseurs locaux aguerris, a attiré toute son attention.
En parallèle, les administrateurs de la FAPBM étaient et sont toujours conscients, qu’à part être le principal co-financier local des structures qui gèrent des APs à Madagascar, la Fondation se devait d’assurer un soutien indirect aux acteurs qui, dans la chaîne de valeurs exploitant les services écosystémiques de l’Île, sont aussi des garants de la durabilité de ces services et dès lors de la solidité du capital naturel générant ces services : ce capital naturel est souvent logé dans les APs. En pratique, il a fallu pour la FAPBM, passer par un « due diligence » minutieux avant de choisir de participer à la levée de fonds mais en final, elle est satisfaite des informations fournies et est particulièrement heureuse de figurer parmi les investisseurs de poids au sein du fonds de Miarakap.
4. Quelles ambitions attendez-vous d’un investisseur d’impact sur les questions d’environnement ?
Être un investisseur d’impact, c’est d’abord savoir, en termes d’impacts visés, ce qu’on veut entreprendre soi-même en y engageant ses fonds propres, soit les voir entrepris par les autres à qui on délègue cette tâche à travers des investissements financiers et techniques.
D’abord, les hommes ne survivent que par les ressources naturelles mises à leur disposition : un investisseur d’impact s’assure que les services écosystémiques sur lesquelles les hommes identifiés comme mis en danger dans le cas où le capital naturel dont ces services dépendent est détérioré, sont maintenus voire améliorés par ses investissements.
Ensuite, dans une autre étape, les hommes doivent créer de la valeur pour prospérer car, à la différence des autres êtres vivants, la création de richesse au-delà de ses besoins de survie est la meilleure façon pour coordonner la démographie croissante avec la satisfaction des instincts naturels des hommes : un investisseur d’impact doit s’assurer de la compatibilité de ces objectifs avec les contraintes de ressources naturelles limitées, renouvelables ou non renouvelables.
Les ambitions d’un investisseur d’impact sont d’abord d’être un catalyseur pour d’autres investisseurs qui hésitent ou qui ne savent pas comment faire pour le devenir. Ensuite, il devrait être exigeant dans les méthodes de créer et de mesurer les impacts et même, si nécessaire, innover dans la création de ces méthodes.
Nous attendons de Miarakap des actes et des performances qui seront à la hauteur de nos attentes tout en enrichissant nos connaissances du monde des entrepreneurs et des modes de production.